My twenty-something crisis.

by - 00:42:00

Zaho feat Nindja - Tourner la Page (Remix Kizomba) ♫♫♫
Solange Knowles - Cranes in The Sky ♫♫♫
Maxwell - Lake By The Ocean ♫♫♫


Hello les lecteurs,
Comment vous portez-vous ?
Depuis quelques temps, je ne me sentais pas terrible. Rien de grave, et pourtant le genre d'humeur qui donne envie de rester sous sa couette et de ne voir personne. 

Malgré cela, je suis sortie, j'ai ri, j'ai vu du monde, j'ai lu, écrit, partagé, bossé, assisté à des cours mais beaucoup de fois le coeur n'y était pas. Et je réalise que ces périodes sont cycliques, provoquées par des interactions qui tournent au vinaigre, des plans qui dysfonctionnent, des souhaits qui s'éloignent un peu plus dans le temps. Et mon incapacité à relativiser à des moments clés, à prendre mon mal en patience, à rester concentrée sur ce qui m'a donné envie de débuter quelque chose. En essayant d'expliquer ce sentiment à Nich, il m'a encouragée avant de me dire que de son côté, il avait assisté aux funérailles de son frère, la veille. J'ai ressenti un sentiment de honte très marqué. Je me suis demandée ce qui ne fonctionnait pas chez moi en pleine santé, jeune, active et pleine de curiosité pour être aussi déprimée alors que de l'autre côté de l'Atlantique un homme d'une soixantaine d'années venait à peine d'enterrer son frère et est allé travailler le lendemain avec toute la positivité et la foi en l'avenir qu'il possédait en dépit des événements.

J'ai passé ma journée à penser à ce qu'il me restait à faire au travail, pour l'année universitaire 2017-2018, aux éventuels plans B si mes demandes de réorientation n'aboutissaient pas, aux manières d'atteindre mes objectifs fixés pour cette année. Puis je suis allée voir le film Les Fantômes d'Ismael tout en mangeant mon chawarma poulet avec mes frites salées avec la sauce libanaise à l'ail et du ketchup, en appréciant toute cette vie dans le premier arrondissement de Paris à la sortie du MK2 de Beaubourg. Quelle surprise en arrivant à la maison de voir dans la boîte à lettres que mon livre sur la crise de la vingtaine était arrivé ! Ces temps-ci, j'écoute ce que l'on me dit mais mon esprit en a juste assez d'entendre des mots extérieurs sur ma propre condition même si ces derniers sont justes. J'ai habitué les personnes qui m'entourent à savoir ce qui se passe dans ma vie, dans ma tête ainsi que dans mon coeur ; à partager avec eux de la positivité, de la joie et de la bonne humeur mais surtout à les encourager à aller mieux quand dans leurs vies, les choses devenaient plus compliquées ou moins belles. Je dois avouer que j'ai pris plaisir à rester dans un état où je ne me sentais pas, où je me suis positionnée en reine-mère de l'indécision car choisir impliquait de s'activer et je n'en avais tout simplement pas envie.

En lisant les premières pages du livre 20 Something, 20 Everything, j'ai réalisé que c'était LA lecture dont j'avais besoin actuellement : ce ne sont pas les mêmes lieux géographiques, les mêmes expériences mais je parviens à partir des leurs à visualiser ces émotions communes que nous avons pu ressentir : le dépassement, la peur, la déception, l'épuisement, la pression, la hâte, l'ennui, la colère. Et c'est toujours réconfortant de se dire que nous ne sommes pas seules à traverser des passages à vide pour lesquelles on nous demande uniquement de nous accrocher sans les expliquer, sans les nommer, sans y prêter une quelconque importance. À travers les différents exercices du bouquin, je comprends que la franchise que j'ai à l'égard de ma personne m'aide à ne jamais me trouver au fond du puits ou à regarder le doigt au lieu de la lune. Je suis fière de cela. Je prends de nouveau conscience que ce qui importe, ce n'est pas le temps qui s'allonge pour faire telle chose, le retard que je pense accumuler mais le fait de prendre les décisions qui me rendent plus heureuse et plus libre d'entamer autre chose, d'avoir des interactions avec des gens qui m'apportent et me rendent meilleure. J'ose espérer réaliser que le temps est mon meilleur allié tandis que la dispersion en revanche sera mon pire ennemi.

Je fais partie de ces gens, qui lorsqu'ils sont excédés, ils ne pètent pas des câbles, ils n'attentent pas à la quiétude d'autrui ou deviennent nuisibles mais se retirent dans le silence et l'isolement. Un isolement qui peut être blessant, vexant, pour autrui mais un acte nécessaire pour se protéger, pour retrouver vitalité et énergie. Quand l'énergie que l'on distille est personnelle et non pas divine ou supranaturelle, on s'épuise vite à force d'attendre qu'autrui vienne nous ravitailler de quelque manière que ce soit. Il est temps de prendre ma pause et de cesser de publier où que ce soit sur la toile, de partager le moindre article, la citation inspirante, les musiques écoutées, les clichés pris, les bribes de pensée hormis ici éventuellement. Faire mon bilan dans mon coin, annoter ce qui me semble pertinent, retrouver confiance et foi en moi puis en ce que je fais afin d'envisager la suite avec plus de sérénité. 

Afin d'écrire concernant cette année universitaire dont les cours étaient portés sur l'Afrique, sur ces nouveaux critères amoureux que j'ai érigé, sur l'importance du silence dans les interactions, les intentions cachées de certain/e/s, le bilan après quasiment 5 ans sous DIU, ce qu'il y a à savoir sur les paiements par chèque, la BNF et les rôles d'égérie/journalistes, garder un boulot faute de trouver mieux ailleurs, prendre son mal en patience, ma guerre contre l'acné, mon constat entre l'audace et l'impolitesse... Bref, un petit programme 3615 My Life en perspective.

Portez-vous bien,
Je vous envoie beaucoup d'amour et de courage de là où je me trouve !
Signé Ryel

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